
Ringstrasse
Ringstrasse regroupe trois pièces distinctes s’inscrivant toutes trois dans le climat si particulier qui règne à Vienne en cette fin de XIXe siècle.
En prenant pour source son œuvre consacrée aux autoportraits, S, le premier volet de ce triptyque interrogera Schiele en tant qu'artiste face à la création
et à lui-même, au sein de la société. Le trio Moïra explorera la féminité au travers des peintures de Klimt et Schiele, tout en s’appuyant sur la richesse de
la mythologie. Enfin, Le temps d’une danse mettra en scène un couple, en proie aux rêves et aux désirs.
Le parti pris est celui du prisme à trois entrées au travers desquelles on peut observer trois aspects différents de la même réalité: Vienne à la fin du XIXe
siècle. L'unité du triptyque tient à la fois de l'écriture chorégraphique, de l'univers artistique proposés et du thème commun qui forme leur point de départ
de ces trois temps chorégraphiés : la métamorphose de Vienne à la fin du XIXe siècle.
Construite vers le milieu du XIXe siècle, la Ring Strasse devient le théâtre de la métamorphose viennoise. Artère moderne dédiée au prestige de l’empire,
les autorités confient à Klimt la décoration du hall de l’Université. Ses toiles préparatoires déchaînent les critiques. Accusé de provocation au libertinage
et atteinte aux bonnes mœurs, il se voit retirer la commande.
Ringstrasse se déclinera en deux propositions : l’une pour un plateau de théâtre, l’autre pour un déambulatoire.
S
S s’inspire librement des œuvres de Schiele, peintre viennois du début du
XXe siècle. La centaine d'autoportraits laissés par Schiele témoignent
d'une oeuvre presque obsessive de Schiele, sur Schiele et pour Schiele. Il
y est question de l'artiste face à lui-même, dans l’intimité et le huis clos de
son atelier. Il y a une mise en scène du corps dans l'espace vide de la
toile. Le fond monochromatique met en exergue la silhouette et permet
de concentrer l'attention sur la posture du corps. Cela fait écho au corps
mouvant du danseur qui se détache du décor fixe de la scène pour figurer.
Il y a aussi une mise en scène du corps dans son aspect charnel. La chair
se fait translucide et laisse affleurer les humeurs. Elle cesse d'être une
simple enveloppe corporelle et révèle l'intimité du sujet. Le corps est le
support expressif de l’intériorité.
Premier volet de Ringstrasse et aussi première création de la compagnie
Kerman, S choisit de montrer une danse à l’état pur, sans éclairage ni
musique, pour révéler, au plus près, un univers chorégraphique naissant.
Avec Sébastien Ly - durée 15 minutes


Le temps d'une danse
Tard dans la nuit.
Un couple rentre après une soirée mondaine.
Une dernière danse, chez soi.
La femme s’endort et part dans ses rêves.
La nuit emporte l’homme dans ses fantasmes.
Prenant pour point de départ de la Nouvelle Rêvée d’Arthur Schnitzler et son
adaptation cinématographique Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, Le temps d’une
danse met en scène un couple en proie au désir et aux fantasmes, à mi-chemin
entre rêve et réalité.
Avec Nikola Krizkova et Sébastien Ly - durée 25 min

Moïra
Pièce chorégraphique pour trois danseuses, Moïra explore la
féminité au travers des peintures de Klimt et Schiele, chez qui
la femme est omniprésente. Plus encore que de la femme, il y
est question de son corps et de la représentation de son corps.
Sublimée, magnifiée par Klimt, ce dernier n’hésite pas non plus
à peindre la femme à tous les âges, d’une chair pleine et
voluptueuse à un corps décharné par la vieillesse ou la folie.
Chez Schiele, à l’érotisme vient s’ajouter une impudeur, une
lumière crue donnant à voir un corps dans toute son intimité.
A l’instar des Trois Gorgones, détail de la Fresque Beethoven,
1902, on relève dans plusieurs tableaux de Klimt la présence
de trois figures féminines. Dans la mythologie grecque, romaine
ou encore nordique, on retrouve de tels trios : les Moires, les
Parques et les Nornes ont en commun de présider aux destinées
humaines. Ainsi, Freud dans ses Essais de psychanalyse
appliquée, s’intéresse à ce trio de divinités féminines sous le
thème des Trois coffrets.
Fort de la richesse dramatique qu’offrent ces trois figures
mythologiques, le trio explore à travers les tableaux de Schiele
et Klimt, une féminité oscillant entre volupté extatique et
violence de la chair.
Avec Nikola Krizkova, Africa Manso-Asensio et Gudrun Skamletz
- durée 30 min




Instant
Durée très courte que la conscience saisit comme un tout.
Recherche autant musicale que chorégraphique, Instant met
en scène la rencontre entre Halime Sylvain Saffedi, musicien
auteur, compositeur et interprète, et Sébastien Ly, danseur et
chorégraphe. "Instant", création 2008, est le premier spectacle
de la compagnie en improvisation pure, où le geste artistique
naît du lâcher prise, plus précisément de l'acceptation des
acte. Musique et danse fondent leurs deux perceptions d'une
même réalité, celle de l’instant présent. Ephémère et unique.
Avec Sébastien Ly
Musique live Halime Sylvain Saffedi - durée 45 min